« Talibans », « Mpangistanais », « Nord-Coréens » : les qualificatifs haineux en RDC

En RDC, les réseaux sociaux ont plus de pouvoir que la rue. Les internautes congolais font preuve d’une créativité incroyable, mais souvent négative. Ils ont inventé des qualificatifs haineux pour désigner les partisans de tel ou tel autre leader politique congolais influent. Les uns sont appelés Talibans, les autres Mpangistanais, bérets rouges ou Nord-Coréens.

Ces qualificatifs sont péjoratifs et expriment la haine contre l’ethnie ou les soutiens du leader politique adverse. Il est important que les Congolais cultivent la paix et travaillent à l’unité nationale.

Talibans contre Mpangistanais ou vice-versa

La tribu Luba ou les Kasaïens et les partisans du président Félix Tshisekedi sont surnommés « Talibans ». De nombreux messages de haine utilisent le terme Talibans pour désigner les Kasaïens qui soutiennent leur frère Félix Tshisekedi. Eux-mêmes diffusent aussi des discours incendiaires.

Un autre camp visé par des messages de haine c’est celui de l’opposant Martin Fayulu. Alors qu’il réclame toujours la vérité des urnes, ses partisans sont désignés par l’appellation « Mpangistanais ». Le terme renvoie à l’ethnie Kongo et à la province du Bandundu d’où est originaire Martin Fayulu. Là-bas, les frères s’appellent « ba Mpangi » en langue kikongo. D’où le substantif « Mpangistanais ». Ces derniers n’ont jamais toléré le fait que Félix Tshisekedi soit devenu président de la République. Ils l’accusent d’avoir volé le vote à leur frère Martin Fayulu.

Pendant et après l’élection présidentielle du 30 décembre 2018, les réseaux sociaux ont explosé de ce genre de messages de haine, de menaces, d’injures et d’appel à la violence et au mettre entre les pro-Tshisekedi (Talibans) et les pro-Fayulu (Mpangistanais). Aujourd’hui, la haine entre ces deux camps continue, mais avec moins d’intensité qu’au temps des élections.

Les bérets rouges

L’ancien président Joseph Kabila ne demeure pas en reste. Il dispose d’une milice appelée les « bérets rouges ». Ce sont des jeunes partisans ou alliés à son parti politique : le PPRD. Ils s’habillent en tenue kaki et avec des chapeaux rouges. La haine et la violence sont leur marque de fabrique. À Lubumbashi, Joseph Kabila bénéficie également du soutien de ceux qui s’appellent « la jeunesse katangaise ». Celle-ci se comporte comme une milice et arbore régulièrement le drapeau indépendantiste katangais…

Ces tensions et clivages politico-ethniques sont exacerbés par des discours dangereux que tiennent les politiciens. Boostés par l’impunité, ils mettent à mal la cohésion sociale en République démocratique du Congo. Il faut que la justice congolaise fasse son travail.

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