Monusco et population congolaise : divorce consommé ?

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Soumise à des guerres à répétition et à une forte insécurité, la population de l’est de la RDC ne veut plus de la présence de la Monusco au Congo. Par de violentes manifestations, elle exige le départ immédiat et sans conditions des casques bleus.

Pendant trois jours, soit du lundi 25 au mercredi 27 juillet 2022, plusieurs villes du grand Kivu étaient en ébullition. Des manifestants ont érigé des barricades dans les rues et se sont attaqués aux installations de la Monusco à Goma, Butembo, Uvira, etc. Ils accusent la Monusco d’inefficacité et de ne rien faire pour protéger la population.

Les manifestants exprimaient ainsi leur ras-le-bol vis-à-vis de la dégradation de la situation sécuritaire dans le pays. Malheureusement, ils l’ont fait en utilisant la violence. On a noté de nombreux discours incitant à la violence et à la haine contre la mission onusienne.

Des morts et des blessés

Plusieurs morts dans les affrontements entre des manifestants et les casques bleus de la Monusco dans l’est de la RDC. Le bilan provisoire fait état de 19 morts et de nombreux blessés. Plusieurs témoignages accusent les casques bleus d’avoir tiré sur les manifestants qualifiés de « pilleurs ». Ce que dément Khassim Diagne, le représentant spécial adjoint du secrétaire général des Nations Unies en RDC. Maiss les autorités préconisent d’attendre les conclusions de l’enquête pour établir les responsabilités.

La Monusco a perdu trois casques bleus dans ces trites événements.

À Uvira dans le Sud-Kivu par exemple, quatre personnes sont mortes électrocutées après qu’un tir des casques bleus ait sectionné un câble électrique haute tension qui est tombé par terre. De quoi amplifier la colère et l’hostilité de la population contre les Nations Unies. Si les enquêtes arrivent à déterminer de manière formelle la responsabilité des casques bleus dans les tueries des manifestants, ce serait une situation inédite que des soldats de la paix aient tiré sur ceux qu’ils sont censés protéger.

Le ras-le-bol de la population

Quoi qu’il arrive, les populations de l’est de la République démocratique du Congo ont le sentiment d’être abandonnées par la communauté internationale. Elles estiment qu’étant la plus grosse mission de maintien de la paix de l’ONU dans le monde, la Monusco ne fait pas assez pour la paix en RDC. Son personnel est accusé de débauche et de trafic de minerais.  

Pendant ce temps, l’insécurité bat son plein. Les groupes armés ont redoublé d’intensité et d’exactions dans le pays. Les Congolais sont régulièrement égorgés en Ituri et à Beni. La rébellion du M23, soutenue par le Rwanda, occupe plusieurs portions du territoire congolais faisant des dizaines de milliers de déplacés qui ne savent à quel saint se vouer. Le tout au vu et au su de cette Monusco devenue aussi impuissante que les Forces armées de la RDC.

Il est temps que les Nations Unies tiennent compte des revendications des Congolais en rendant la Monusco beaucoup plus offensive contre les groupes armés sur le terrain. Nul ne donnera raison aux casques bleus tant que la paix et la stabilité qu’ils sont censés rétablir ne seront pas effectives en RDC. De leur côté, les Congolais doivent exprimer leurs revendications de manière pacifique et non en s’en prenant au personnel et aux installations de la Monusco.

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