Docteur Denis Mukwege, l’Africain de l’année 2020

Africa sans haine suit au quotidien les actions de plusieurs personnalités africaines d’envergure. Qu’elles soient politiques ou de la société civile dans leurs pays, Africa sans haine évalue leurs discours en rapport avec la haine tribale, les crimes de guerres, les injustices sociales, les violences des groupes armés (particulièrement les violences faites aux femmes) et désigne la personnalité marquante de l’année. Pour l’année 2020, l’Africain de l’année c’est le docteur Denis Mukwege.

Pourquoi le docteur Denis Mukwege ? C’est la question que nos lecteurs peuvent poser. On sait qu’il répare les femmes et est déjà Prix Nobel de la paix 2018. Nous estimons que Denis Mukwege mérite d’être l’Africain de l’année 2020 parce qu’il s’est engagé davantage au cours de cette année pour que justice soit faite sur tous les crimes et les atrocités commises dans l’est de la République démocratique du Congo.

Le Prix Nobel réclame la création d’un tribunal pénal international pour la RDC. Il plaide pour cela partout où il passe, il l’a fait même lorsqu’il a rencontré le président congolais Félix Tshisekedi en novembre 2020. Il lui a demandé de marquer une rupture avec ceux qui ont commis des crimes de sang. Mener un tel combat là où plusieurs Africains s’en foutent, démontre le sens de l’humanité du docteur Mukwege. Il est devenu la voix des sans voix en RDC.

Le sang des Congolais est versé chaque jour

La République démocratique du Congo, c’est plus de 6 millions de morts, de gens égorgés, abattus par balles, massacrés depuis 25 ans environ. Un véritable génocide oublié ! Et les massacres continuent à Beni, en Ituri, etc. La RDC c’est aussi des maisons incendiées, des fosses communes, des femmes et de petites filles violées tous les jours et en toute impunité dans des zones contrôlées par des groupes armés. Denis Mukwege.est l’une de rares voix africaines qui réclament justice pour ces millions de victimes, alors que le gouvernement congolais lui-même ne semble pas en faire une priorité. La preuve : malgré tous ces morts, l’Etat congoalis n’a jamais pensé à ériger ne serait-ce qu’un mémorial pour honorer leur mémoire.

Parce qu’il dénonce ces crimes qui continuent dans son pays et exige un tribunal pénal international pour juger les criminels, Denis Mukwege est régulièrement visé par des menaces de mort. En fait, ces menaces ne peuvent venir que des gens qui souhaitent que la situation de chaos perdure en RDC. On sait aussi que plusieurs personnalités politiques et militaires congolaises directement ou indirectement impliquées dans les différentes atrocités en RDC n’ont aucun intérêt à voir exister un tribunal pénal international pour la RDC. Car elles seront un jour appelées à comparaitre.

Quand des criminels occupent de hautes fonctions de l’Etat

En RDC, la politique est telle que les innocents vont en prison, mais les criminels deviennent des ministres, des députés, des généraux de l’armée et cirulent librement. N’a-t-on pas vu des généraux cités dans les ventes d’armes aux groupes armés qui sèment l’insécurité dans l’est du pays ? Beaucoup d’autres responsables congolais sont derrière le traffic illicite de minerais qui financent les guerres dans le Kivu. Mais ils sont couverts par des immunités et des madats politiques. Dans des propos rapportés par RFI, le Prix Nobel de la paix 2018 déclare : « Le manque de volonté politique et la realpolitik ont trop longtemps primé sur le besoin et la soif de justice et de vérité. C’est dans ce contexte que les massacres se poursuivent. Cette situation qui fait honte à notre humanité commune ne peut plus durer. »

Africa sans haine soutient le combat du docteur Denis Mukwege et le désigne « Africain de l’année 2020 ». Les menaces de mort contre lui doivent cesser. La situation d’impunité en République démocratique du Congo exige la mise en place d’un tribunal pénal international pour ce pays.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *