Les génocides commencent par la haine

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Alors que le Rwanda commémore cette année le 28e anniversaire du génocide des Tutsi, nous devons rappeler que la plus grande cause des génocides ce sont les discours de haine. Tant que le monde ne prendra pas conscience de la dangerosité des discours haineux, les mêmes causes produiront les mêmes effets.

Ce qui est arrivé au Rwanda en avril 1994 et que nous condamnons avec la dernière énergie, n’est que la conséquence de l’hostilité que l’on a cultivée contre tout un peuple. Le pays connaissait déjà un environnement de discours de haine visant les Tutsi en tant qu’ethnie. Pourtant, on aurait pu éviter cela en travaillant contre ces discours de haine, mais on a laissé cela continuer.

Les catalyseurs du génocide

« Le discours de haine et la propagande haineuse ont été identifiés comme des catalyseurs de la violence génocidaire au Rwanda », peut-on lire dans un article sur le site de l’Unesco. Et quand la haine ethnique se mêle à des calculs politiques, le cocktail est prêt pour la violence. Conséquences : plus de 800 000 morts, en grande majorité des Tutsi. Nous nous associons au peuple rwandais pour compatir. Et nous ne cessons de dire : plus jamais ça en Afrique et dans le monde.

La Shoah également a commencé après une série d’actes et de décisions politiques motivées par la haine contre les Juifs. C’est par exemple :

  • Le boycott des entreprises et magasins juifs (1er avril 1933) ;
  • La révocation des fonctionnaires Juifs en Allemagne (07 avril 1933) ;
  • L’autodafé de livres écrits par des Juifs et/ou opposants au régime (10 mai 1933) ;
  • La loi de Nuremberg qui déchoit les Juifs de leur nationalité, interdit les mariages entre Juifs et non-Juifs (15 septembre 1935) ;
  • L’aryanisation des commerces juifs en Allemagne (12 novembre 1938), et expulsion des écoles des élèves juifs (15 novembre 1938) ,
  • L’anéantissement des Juifs évoqué au Reichstag ;
  • Etc.

Bref, il y a eu d’abord des années de haine avant de déclencher la Shoah. Au final, 6 millions de Juifs ont été massacrés. Aucun peuple ne mérite ça. Et la meilleure façon de prévenir de telles tragédies c’est de travailler en amont contre les discours de haine.

En Afrique, les discours de haine font partie de la vie politique

Aujourd’hui, force est de constater que nos pays ne tirent pas de leçon des évènements malheureux du passé. Les discours de haine visant des communautés et des ethnies continuent à être nourris et entretenus en Afrique. La plupart sont instrumentalisés par des politiciens ou alors découlent des enjeux et évènements politiques. C’est le cas au Tchad, au Mali, en Guinée, au Camerou, en Centrafrique, etc.

En République démocratique du Congo par exemple, des discours dangereux montent en puissance contre des ethnies telles que les Luba du Kasaï, les Banyamulenge, etc., dans l’indifférence totale des pouvoirs publics. Plus grave, ce sont les politiciens qui les diffusent.

Sur les réseaux sociaux, des messages d’appel aux meurtres et à la violence sont quotidiens. Et la classe politique ne semble pas prendre cela sérieux.

Africa ne fait que tirer la sonnette d’alarme.

#StopLaHaine

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